Le chevreuil et le chien du Roulebois

La raison du plus généreux est toujours la meilleure :

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un chevreuil se désaltérait

Dans le courant d’une onde pure.

Et le long du Roulebois cherchait aventure,

Et que la soif sous les Clos attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit un chien logeant sous les Clos du voisinage :

Tu es bien empêtré de ta témérité.

– Sire, répond le chevreuil, que votre Majesté

Ne se mette pas en colère ;

Mais plutôt qu’elle considère

Que je me vas désaltérant

Dans le courant,

Plus de vingt pas au-dessous du chien,

Et que par conséquent, en aucune façon,

Je ne puis troubler votre promenade.

– Tu la troubles, reprit  le chien,

Et je sais que tu troubles l’eau du Roulebois.

– Comment l’aurais-je fait je suis tombé dans l’eau ?

Reprit le chevreuil, je tête encor ma mère.

– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, lui dit le chien.

Mes maîtres je vais chercher,

Lesquels appelleront les pompiers

et le maire aussi tôt accouru.

Vous, vos pompiers, et votre chien.

On me l’a dit : il faut que je me sorte de ce trépas.

Aidez-moi à sortir de ce Roulebois.

Après plus d’une heure d’efforts,

Et des secours par un prompt renfort

La bête est sortie de ce cours.

En véhicule à sirène,

Elle est ramenée à bon port,

et gambade désormais dans la plaine !

La raison du plus généreux a toujours raison

Et de porter secours il faut savoir

Même au plus simple chevreuil !

Jean du ROULEBOIS

 

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